Parlons de l'usage du tabac sur les terrains scolaires
Parlons de l'usage du tabac sur les terrains scolaires
Mémoire soumis au Comité spécial de l’éducation
Novembre 2002
Introduction
L’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) est une association professionnelle regroupant quelque 2 400 enseignantes et enseignants oeuvrant principalement dans les écoles et les districts scolaires francophones du Nouveau-Brunswick. L’AEFNB a comme objet de favoriser et de maintenir au Nouveau-Brunswick des services éducatifs de langue française de première qualité et de défendre les intérêts de la profession enseignante. à titre d’organisme représentant les enseignantes et les enseignants qui oeuvrent dans les écoles et les districts scolaires francophones de la province, vous comprendrez que la question de l’usage du tabac sur les terrains scolaires représente un intérêt considérable pour l’AEFNB et ses membres.
Nos préoccupations par rapport à l’usage du tabac
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1. Un trop grand nombre de jeunes
s’adonnent à l’usage de la cigarette
Les différentes statistiques produites par rapport à la question démontrent que de plus en plus de jeunes s’adonnent à l’usage de la cigarette et les jeunes filles semblent plus enclines que les garçons à prendre cette habitude. De récentes données rendues publiques par Statistiques Canada pour l’ensemble du pays révèlent qu’en 1998-1999, 32 % des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans fumaient contre 23 % pour les garçons du mê;me groupe d’âge. Il semble donc que les sommes importantes que les différents gouvernements ont investies dans des campagnes de sensibilisation visant à encourager les Canadiennes et les Canadiens à s’abstenir de fumer n’aient pas apporté les résultats escomptés auprès des jeunes qui sont d’âge scolaire. Les jeunes semblent plutôt influencés par d’autres messages médiatiques qu’ils reçoivent dans le sens contraire ou par les pressions sociales de leur entourage. -
2. La vente de cigarettes aux jeunes
de moins de 19 ans est illégale
Les gouvernements ont établi, il y a quelques années, des lois qui rendent illégale la vente de cigarettes aux jeunes de moins de 19 ans. Là aussi, la mise en place de ces lois ne semble pas avoir eu les effets escomptés auprès des jeunes qui s’adonnent à l’usage de la cigarette. On peut affirmer que la très grande majorité des jeunes qui fréquentent les écoles du Nouveau-Brunswick sont âgés de moins de 19 ans et, pourtant, on y trouve de nombreux élèves qui font usage du tabac. -
3. Le tabac est néfaste pour la santé
La Société canadienne du cancer et bon nombre d’autres organismes ne cessent de répéter que l’usage du tabac est néfaste pour la santé. Tout d’abord, il est prouvé que les fumeuses et les fumeurs présentent une incidence au cancer beaucoup plus grande que les personnes qui ne font pas usage du tabac. Des études démontrent également, sans l’ombre d’un doute, que les personnes non fumeuses qui sont exposées à la fumée de cigarette sont, elles aussi, très vulnérables aux problèmes de santé associés au tabagisme. Depuis une dizaine d’années, les gouvernements ont commencé à réagir à ces situations et il y a de plus en plus de lieux où il est interdit aux fumeurs et aux fumeuses de faire l’usage de produits du tabac. Pendant ce temps, de nombreuses entreprises du secteur privé ont emboîté le pas dans cette même direction. Ce sont là des mesures très importantes visant au moins à protéger la santé des personnes qui ne fument pas. -
4. Le tabagisme est souvent associé à d’autres problèmes
Bon nombre d’enseignantes, d’enseignants et de membres de la direction des écoles nous affirment que l’usage de certaines drogues illicites, comme le cannabis et le haschisch, retrouvent leurs adeptes le plus souvent parmi les jeunes de l’école qui fument la cigarette. Ces professionnels de l’éducation nous disent qu’il y aurait même lieu de faire un lien direct entre ces deux problèmes en ce sens que la très grande majorité des usagers de ces drogues font également usage du tabac. S’il était possible de supprimer l’usage du tabac sur les terrains scolaires, cette action aiderait inévitablement à combattre cet autre fléau qu’est la consommation de drogues par les jeunes. De plus, beaucoup de jeunes, particulièrement les filles, considèrent l’usage de la cigarette comme un moyen de maintenir leur poids. Bien souvent, le poids visé par ces jeunes est bien inférieur à un poids normal. Cette pratique est certes susceptible d’entraîner chez ces jeunes des problèmes de santé sérieux à long terme.
Notre position sur la question
L’AEFNB s’entend avec la plupart des personnes ou groupes intéressés par la question sur le fait que l’usage du tabac sur les terrains scolaires doit cesser. Cependant, nous sommes convaincus que pour assurer la réussite de cette entreprise, il faut se donner une période de temps raisonnable avant d’en arriver à une exclusion définitive du tabac sur les terrains scolaires. Nous sommes d’avis que l’imposition d’une directive ferme avec date de mise en application prochaine ne constitue pas, dans ce cas-ci, la ligne de conduite à adopter. Nous osons le répéter, il faut se donner le temps nécessaire pour assurer le maximum de chances de succès à l’action qui sera entreprise.
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1. Besoin d’une information intégrée aux programmes d’études
Nous sommes d’avis que la pierre angulaire sur laquelle doit s’appuyer toute action visant à interdire l’usage du tabac sur les terrains scolaires doit être l’éducation et la sensibilisation des jeunes relativement aux conséquences de s’adonner à la consommation des produits du tabac pour les jeunes. Dès leur entrée à l’école en maternelle, on devrait commencer graduellement à informer les élèves des conséquences néfastes liées à l’usage des produits du tabac et cette information devrait être intégrée aux programmes d’études du ministère de l’Éducation. Ce programme d’éducation devrait s’amplifier lorsque les élèves atteignent les dernières années du primaire. Ce serait faire fausse route que d’attendre au secondaire pour entreprendre un tel exercice d’éducation des jeunes face aux dangers occasionnÈs par l’usage du tabac.D’autre part, nous voulons insister sur le fait que cette information devrait être présentée de façon positive, orientée vers des moyens de maintenir une bonne santé et de bonnes habitudes de vie. Les campagnes d’information basées sur la peur ne semblent pas avoir donné les résultats souhaités, du moins jusqu’à présent. Il semble plutôt que ces campagnes aient eu un effet contraire en ce sens qu’elles amènent des jeunes à défier l’autorité et les messages que leur présentent les adultes sur les dangers liés à l’usage du tabac.
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2. La communauté et les parents doivent appuyer l’école
Il faut tout d’abord reconnaître que l’usage des produits du tabac est avant tout un problème de société. Il serait donc injuste que la solution à ce problème soit laissée uniquement à l’école et utopique de croire que celle-ci peut, à elle seule, trouver des solutions à ce problème. Si le ministère de l’Éducation veut que cette initiative atteigne des résultats favorables, il faudra qu’il s’assure que l’école reçoive les appuis nécessaires à la mise en oeuvre de toute politique interdisant l’usage du tabac sur les terrains scolaires. La communauté en général et les parents doivent donc épauler l’école dans cette question qui risque d’être controversée. Il faudrait à tout le moins que certains parents cessent d’encourager leur enfant à fumer comme on le voit malheureusement trop souvent.Étant donné la vive résistance qu’on peut s’attendre de certains adeptes des produits du tabac en réaction à la mise en place de telles mesures, les écoles devront disposer des ressources matérielles et humaines nécessaires à la mise en place du projet de loi proposé. Ce serait une grave erreur que de laisser uniquement aux enseignantes et aux enseignants ainsi qu’aux personnes à la direction des écoles la totalité du fardeau découlant de la mise en place d’une telle mesure. Nous nous opposons à ce que les enseignantes, les enseignants et les directions d’école aient à agir comme police de la boucane. Ces personnes accepteront de collaborer à toute action à caractère éducatif visant à contrer l’usage du tabac sur les terrains de l’école, mais de grâce, n’ajoutons pas à leur tâche déjà trop lourde, particulièrement au niveau de la surveillance sur les terrains scolaires.
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3. Les élèves doivent obtenir une aide appropriée
Si l’on se fie aux commentaires des personnes qui ont déjà fumé, l’abandon de cette pratique demande une bonne dose de volonté et de ténacité. La plupart des personnes qui ont cessé de fumer ont dû avoir recours à de l’aide extérieure pour y arriver, et dans bien des cas, à de l’aide médicale. Les élèves qui fréquentent nos écoles ne sont pas différents des autres personnes à ce point de vue. Le système scolaire, appuyé du réseau de santé publique, doit donc offrir aux élèves qui le désirent les appuis nécessaires pour les aider à se départir de cette habitude. Si l’on ne prend pas les moyens pour régler le problème du tabagisme à sa source, ce n’est pas une loi qui va le faire.
Conclusion
En conclusion, nous voulons réitérer notre appui à toute initiative qui ferait disparaître l’usage du tabac sur les terrains scolaires. Ceci étant dit, nous croyons que la mise en place de toute mesure de dissuasion doit se faire de façon progressive et que l’éducation des jeunes aux effets néfastes de l’utilisation des produits du tabac doit être à la base de cette initiative. Il faut reconnaître au départ que cette initiative en sera une d’envergure et qu’elle n’aura de chances de réussir que si les ressources humaines et matérielles sont disponibles et que les appuis sont offerts aux élèves qui veulent surmonter leurs problèmes de dépendance au tabac.
Nous voulons vous faire part aussi de notre crainte face à la mise en place d’une loi qui ne pourrait être appliquée de façon efficace. Il serait alors probablement mieux de ne pas en avoir du tout puisqu’une telle situation apporterait sûrement plus de difficultés que de solutions. Si l’on juge qu’un tel article de loi doit être proclamé, il faut que le gouvernement ait le courage et l’honnêteté d’allouer les ressources nécessaires pour assurer son respect.
Nous voulons remercier le Comité spécial de l’éducation d’avoir offert aux particuliers et aux organismes qui veulent commenter la question à présenter les mémoires au comité. Nous espérons vivement que les efforts concertés de tous les groupes intéressés à la santé des jeunes sauront venir à bout de ce problème sérieux dans nos écoles.
Nouvelles
- AGA 2012 de l'AEFNB : Inscription, Programme
- 65e Congrès de l'ACELF - 20-22 septembre 2012 (Montréal) : Description, Inscription, Programme
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