Présentation au CRTC sur les Services de Radiodiffusion de la langue française au Canada
Présentation au CRTC sur les Services de Radiodiffusion de la langue française au Canada
Dieppe, Nouveau-Brunswick
Le 10 octobre 2000
Préambule
L’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) désire vous remercier de lui donner l’occasion de vous présenter son point de vue sur les services de radiodiffusion de langue franÁaise hors Québec. Si nous avons demandé de comparaître devant vous aujourd’hui, c’est que nous connaissons l’importance des moyens de communication dans la préservation et la promotion de la langue et de la culture française.
En tant qu’association professionnelle, l’AEFNB est un organisme qui veille à l’avancement de l’éducation en français dans la province et à la défense des intérêts de la profession enseignante. Elle représente quelque 2 550 enseignantes et enseignants francophones de la maternelle à la 12e année des écoles publiques de la province. La clientèle d’élèves francophones dans la province s’élève à quelque 39 100 élèves. Nous avons donc plusieurs bonnes raisons de vouloir commenter sur les façons d’améliorer les services de radiodiffusion de langue française offerts aux francophones.
L’AEFNB revendique, depuis ses tout débuts, pour que la population francophone de la province soit dotée de structures qui favorisent son épanouissement et répondent à ses aspirations. Nous considérons, entre autres, que l’éducation de nos jeunes francophones ne peut se faire de faÁon isolée, c’est-à-dire seulement au niveau scolaire. Il s’agit là d’une responsabilité qui incombe à tous les secteurs de la société, particulièrement celui des communications puisqu’il est l’un des principaux véhicules de la langue et de la culture.
La radio et la télévision de la société Radio-Canada
Le service qu’offre Radio-Canada est d’une importance primordiale. Comme francophones vivant dans une province majoritairement anglophone, elle représente pour nous un outil de résistance à l’assimilation et à l’érosion progressive de notre identité.
Combien de fois avons-nous déploré les coupures à la Société Radio-Canada au cours des dernières années? À chaque fois, nous avons insisté sur le fait que les francophones des provinces de l’Atlantique devaient eux aussi être en mesure de se reconnaître dans leur télévision et leur radio d’état. Nous croyons qu’il y a moyen de répartir plus équitablement les fonds disponibles de sorte que la Société Radio-Canada reflète la réalité canadienne dans son ensemble et s’assure que les francophones de partout au Canada reçoivent leur juste part.
À notre avis, les intérêts des communautés acadienne et francophone du Canada devraient faire partie intégrante de la programmation du réseau national. La programmation de la Société Radio-Canada devrait avoir un contenu équilibré en ce qui a trait tant à la production d’émissions qu’à la couverture des événements qui nous touchent de près ou encore à une participation accrue aux émissions du réseau. Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance d’une visibilité des régions dans la programmation nationale et sur la production en région pour qu’en tant qu’Acadiens, Acadiennes et francophones, nous puissions nous aussi y occuper notre espace médiatique.
Nous considérons que la télévision de la Société Radio-Canada devrait être accessible à tous les francophones du pays peu importe leur lieu d’habitation. Il ne faudrait pas être obligé de se fier à la bonne volonté des câblodistributeurs pour la rendre universellement accessible, mais plutôt les y obliger. Il faudrait aussi permettre aux gens qui vivent en région et qui n’ont pas accès au câble de pouvoir capter les ondes de leurs stations régionales, comme Radio Canada Atlantique et RDI, plutôt que celles en provenance de Montréal.
Quant à la radio, nous croyons que les chaînes Radio-Canada et Radio-Canada FM devraient être disponibles pour l’ensemble des communautés francophones du pays. Celles-ci devraient refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays et ce, tant au plan national qu’au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions. Un de leurs rôles devrait être de contribuer activement à l’expression culturelle des communautés acadiennes et francophones vivant en milieu minoritaire et à l’échange sous diverses formes.
Le fait que la Société Radio-Canada ait son siège social au Québec ne justifie pas que l’on nous « québécise », pour ne pas dire « montrÈalise », et que l’on nous considère comme des francophones de deuxième classe. Nous ne devrions pas nous attendre à moins que nos voisins québécois de notre société d’état. La Société Radio-Canada a l’obligation, de par sa raison d’être en tant que société d’état, de tenir compte des besoins de sa clientèle francophone partout au Canada et ce, en lui assurant des services de qualité. Elle se doit de respecter son mandat. les télévisions et radios francophones dans l’ensemble À prime abord, nous préconisons que tous les francophones puissent avoir accès à l’ensemble des services de télévision de langue française, tant canadiens qu’étrangers, peu importe où ils résident au pays. L’avènement de la télévision numérique rendra cela possible. D’ailleurs, le CRTC devrait exiger dès que possible la distribution obligatoire en mode numérique de tous les services francophones existants dûment autorisés, canadiens et étrangers, d’un bout à l’autre du pays, sans égard à la langue du marché.
Nous croyons que l’ensemble des chaînes canadiennes françaises devraient être offertes par les distributeurs de services de télévision sur le territoire canadien. Nous trouvons tout aussi important que les chaînes RDI, Radio-Canada, TVA, TV5 et TFO soient offertes dans le service de base de l’ensemble des distributeurs de chaîne de télévision du Canada.
Plusieurs facteurs nous poussent à favoriser une telle approche :
- L’expérience démontre que les câblodistributeurs ne tiennent pas toujours compte des besoins et des désirs des communautés de langue officielle vivant en situation minoritaire.
- Les chaînes canadiennes françaises représentent pour les francophones à l’extérieur du Québec une structure de plus pour résister à l’assimilation, pour assurer leur survivance comme peuple et pour participer à l’avenir économique de leur pays.
- Les chaînes canadiennes françaises de l’extérieur du Québec (TFO, en l’occurrence) représenteraient pour les francophones du Québec une ouverture sur la francophonie canadienne.
- Il en va du respect d’une valeur fondamentale de ce pays, soit celle de la dualité linguistique canadienne.
- L’omniprésence de notre voisin américain nous pousse à vouloir maximiser le contenu canadien et, dans notre cas plus particulièrement, le contenu canadien français.
L’accès à un nombre accru de réseaux de télévision et de chaînes de radio de langue française constituerait un atout déterminant dans le développement et le rayonnement des communautés francophones. D’ailleurs, avec l’émergence ici et là de projets de radios communautaires, on constate l’importance que ces dernières accordent à leur survie collective. Le CRTC devrait reconnaître ce fait et leur accorder une attention particulière.
Recommandations
- Que le CRTC oblige la SRC à respecter davantage son mandat de tenir compte des besoins de sa clientèle francophone partout au Canada.
- Que l’ensemble des chaînes de télévision canadiennes françaises soient offertes et accessibles par les distributeurs de services de télévision partout sur le territoire canadien.
- Que les chaînes RDI, Radio-Canada, TVA, TV5 et TFO soient offertes dans le service de base de l’ensemble des distributeurs de chaînes de télévision du Canada.
- Que la télévision Radio-Canada Atlantique soit disponible et accessible (par câble, satellite ou autres) sur l’ensemble du territoire des provinces de l’Atlantique.
- Que les chaînes Radio-Canada et Radio-Canada FM soient disponibles pour l’ensemble des communautés francophones du pays.
- Que les chaînes Radio-Canada et Radio-Canada FM soient tenues de refléter la globalité canadienne tout en répondant aux besoins particuliers des régions.
- Que les chaînes nationales de télévision de même que les chaînes nationales Radio-Canada et Radio-Canada FM soient tenues de présenter un nombre minimum de productions régionales venant des différentes régions francophones du pays.
- Que les chaînes nationales de télévision de même que les chaînes nationales Radio-Canada et Radio-Canada FM soient tenues de produire un nombre minimum d’heures en régions francophones à l’extérieur du Québec tout en respectant la diversité régionale du pays.
- Que le CRTC accorde une attention particulière aux projets de radios communautaires émanant des communautés francophones de partout au pays.
- Que le CRTC oblige les distributeurs de services de télévision et les radiodiffuseurs à présenter un minimum de contenu canadien au niveau de leur programmation.
Conclusion
Étant envahis constamment par les médias anglophones, cette question revêt pour nous un caractère des plus urgents pour des raisons d’égalité et de reconnaissance des besoins des communautés francophones vivant à l’extérieur du Québec. Sans compter que l’assimilation nous guette toujours et que, par conséquent, nous craignons pour nos générations montantes. Nous voulons vivre à l’ère des communications en français, d’autant plus que celles-ci constituent un très bon outil pédagogique pour les enseignantes et les enseignants et le véhicule par excellence de la langue et de la culture française pour nos élèves. Voilà pourquoi nous avons voulu joindre notre voix à celles d’autres organisations acadiennes et francophones pour vous demander de nous aider à assurer le développement et la vitalité de nos communautés respectives. Vous en avez le pouvoir... et le devoir.
Nouvelles
- AGA 2012 de l'AEFNB : Inscription, Programme
- 65e Congrès de l'ACELF - 20-22 septembre 2012 (Montréal) : Description, Inscription, Programme
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