8 mai 2015

Crise dans les écoles du Nouveau-Brunswick : les compressions budgétaires sont difficiles à digérer

Communiqués de presse

(Service de nouvelles de l’AEFNB – Fredericton) – Alors que les directions d’école du Nouveau-Brunswick sont déjà profondément alarmées du sort réservé au financement du système scolaire francophone, les échos qui nous parviennent ne font qu’amplifier notre vive inquiétude, qui atteint maintenant un niveau sans précédent.

« Actuellement, c’est la crise et la panique dans nos écoles. L’épouvante atteint son paroxysme à mesure que les sommes dédiées au budget des écoles sont dévoilées. Il est absolument inacceptable de laisser le personnel enseignant et les directions d’écoles pour compte alors qu’ils sont les maitres de l’éducation de nos générations montantes, les artisans du savoir collectif et les intervenants clés de l’épanouissement de notre société. La peur générée, entretenue et agitée par le spectre des compressions budgétaires baigne dans une atmosphère intolérable et insoutenable, souligne le président de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Philippe Cyr ».

L’AEFNB voit désormais plus claires les intentions du gouvernement Gallant en ce qui concerne l’éducation des francophones de la province. Les appels fusent de toute part et portent sérieusement à croire que les directions d’écoles devront se débrouiller avec peu, très peu. La situation est catastrophique; on évoque la possibilité de transporter des élèves vers d’autres écoles par autobus scolaires afin qu’ils puissent suivre certains cours. On entend parler d’imposition des classes combinées. Pour certaines écoles secondaires, l’abolition de postes se traduirait même par un nombre insuffisant d’enseignantes et d’enseignants pour donner les cours obligatoires. 2

« Est-il encore utile de réitérer nos revendications auprès du gouvernement même si depuis plusieurs mois, nous nous livrons à un dialogue à sens unique où nos recommandations semblent flotter dans un vacuum dépourvu d’influence quelconque? Le gouvernement doit réaliser qu’il est de son devoir de reconduire son train politique à la gare du rationnel et de l’équité en éducation. S’il ne peut s’engager par lui-même sur les rails du bon sens en empruntant la voie du discernement et de la sagesse, il devra inévitablement être aiguillé par d’autres moyens plus puissants, ajoute le président, Philippe Cyr ».

L’AEFNB est consciente depuis fort longtemps des répercussions dramatiques occasionnées par les restrictions budgétaires en éducation. L’incompréhension du gouvernement en matière d’inclusion scolaire crève les yeux. « L’hétérogénéité des effectifs en salles de classe rend la gestion pédagogique plus complexe et si l’on renchérit par des suppressions de postes et des compressions budgétaires, il en découle des préoccupations encore plus importantes pour la qualité des services offerts, ajoute M. Cyr ».

L’AEFNB se dit outrée de l’attitude passive et inadmissible du gouvernement actuel en matière de financement équitable de l’école francophone et le pointe sévèrement du doigt. L’éducation de nos jeunes ne doit pas se faire au détriment de la rectification de la situation financière de la province et écoper de mauvaises décisions qui ont été prises par les libéraux. Un gouvernement qui comprend avec acuité la réalité, les besoins et les défis du système scolaire considérerait avec sérieux les recommandations du Rapport « Pierre-Marcel Desjardins » (2012). Celui-ci aurait-il oublié que l’enveloppe égalitaire doit « véritablement bonifier le financement régulier » (idem : 2) ? Cela étant dit, dans une optique de justice réparatrice, cette enveloppe est impatiemment attendue et l’AEFNB en fait son cheval de bataille.

L’AEFNB a pour mission de favoriser l’avancement de l’éducation en français, de représenter les intérêts de la profession enseignante et de valoriser la langue et la culture françaises. Elle représente quelque 3 000 enseignantes et enseignants oeuvrant dans les écoles publiques de la maternelle à la douzième année ainsi que les enseignantes et enseignants suppléants.

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Communiqué de presse
Référence : 2015-08
Date : Le 8 mai 2015
Cote : 1070-02

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