9 mai 2019

Encore une réforme en éducation

Communiqués de presse

Référence : 2019-02
Date : 9 mai 2019
Cote : 1070-02

(Service des communications de l’AEFNB – Fredericton) – L’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick félicite la décision du gouvernement Higgs de maintenir l’entrée précoce du programme d’immersion en 1re année. Dans la seule province officiellement bilingue du Canada, tous les enfants anglophones devraient avoir un accès équitable et de qualité équivalente au programme et ce, le plus tôt possible.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (MÉDPE) souhaite la création d’un système d’éducation de premier ordre. Pour y arriver, on estime nécessaire de tenir un sommet bilingue et de (re)développer un plan pour remédier aux défis vécus par le personnel enseignant, notamment en matière d’immersion française et de composition de la salle de classe. Les propos tenus par M. Cardy laissent croire, entre autres, que le système actuel est déficient au point tel qu’il « faillit à sa tâche de produire des diplômés bilingues ».

L’AEFNB tient à rappeler au ministre progressiste-conservateur certains éléments essentiels à sa compréhension du système d’éducation sous sa gouverne.

D’abord, il convient d’admettre que le programme d’immersion française ne parvient pas à produire autant de diplômés bilingues qu’il le serait souhaitable; les statistiques parlent d’elles-mêmes. Cependant, quels motifs incitent notre gouvernement à penser qu’il s’agit de la faute du système scolaire et de milliers d’enseignantes et d’enseignants qui se dévouent corps et âme à l’excellence de l’éducation et à la livraison de services indispensables à l’avenir de nos jeunes et de notre société? Croyez-vous vraiment que la responsabilité de rendre bilingues nos communautés n’appartient qu’au personnel des écoles? Voilà 50 ans que la Loi sur les langues officielles a été adoptée et l’on doit encore militer pour la promotion, la compréhension et le respect des droits et des privilèges des communautés de langue officielle. Or, notre paysage linguistique est majoritairement unilingue anglophone, les valeurs associées au bilinguisme se limitent souvent aux avantages économiques, la promotion des deux langues officielles par nos gouvernements et partis politiques est anémique, sinon inexistante, et l’instabilité constante du système d’éducation et du programme d’immersion empêche la mise en oeuvre de stratégies à long terme.

« En ce qui concerne l’examen « plus vaste » de l’éducation, le gouvernement est-il au courant que les consultations, les rapports d’expertes et d’experts, les plans d’action, les études de cas et les rassemblements se sont succédé pour identifier les défis du système et cibler des solutions concrètes et viables ? La Commission sur l’école francophone et les Plans de dix ans en éducation ne représentent que quelques exemples frappants de la mobilisation des communautés, des partenaires en éducation et de la société civile pour orienter des actions innovatrices afin de faire de notre système inclusif un modèle national et international », estime Lucie Martin, présidente de l’AEFNB. Aujourd’hui, 9 mai 2019, correspond au 5e anniversaire de la PALC, fruit d’un travail de concertation exemplaire dont les succès se vivent au quotidien. Or, le MÉDPE juge nécessaire de « transformer le système d’éducation dans son ensemble afin qu’il prépare mieux les jeunes à faire face aux défis posés par l’évolution rapide de la communauté mondiale ». Selon Mme Martin, « c’est exactement ce que notre personnel enseignant accompli, jour après jour, et au coût parfois exorbitant de nombreux sacrifices, pour bâtir la société de demain. Notre personnel enseignant est avant-gardiste et sait ce qu’il faut faire pour améliorer le système. Comme le ministre Cardy l’a mentionné à maintes reprises, il faut miser sur l’autonomie professionnelle et octroyer aux expertes et aux experts de la pédagogie l’espace nécessaire pour manoeuvrer dans un système inclusif de plus en plus exigeant. Leur imposer une autre réforme serait non seulement futile, contreproductif et épuisant pour les intervenantes et intervenants concernés, mais serait carrément contraire aux récentes recommandations de la vérificatrice générale qui invite le gouvernement à favoriser la stabilité en éducation ».

Entreprendre une autre consultation à partir d’un sommet « bilingue » constitue, de notre avis, une façon d’attaquer les problématiques du bilinguisme par la porte arrière. De nombreuses et nombreux experts ont déjà été consultés et de multiples pistes de solution ont été avancées pour répondre aux défis du système d’éducation inclusif. Concentrons-nous sur la racine du problème, qui dépasse les frontières de la salle de classe, adoptons une approche plus intégrée, comme celle préconisée par la PALC, et faisons réellement de l’éducation un projet de société.

Est-ce que le gouvernement fait marche-arrière de son discours du Trône ? Est-ce que les Plans de dix ans sont devenus des plans de trois ou quatre ans ?

L’AEFNB a pour mission de favoriser l’avancement de l’éducation en français, de représenter les intérêts de la profession enseignante et de valoriser la langue et la culture françaises. Elle représente quelque 3 000 enseignantes et enseignants oeuvrant dans les écoles publiques de la maternelle à la douzième année ainsi que les enseignantes et enseignants suppléants.

 

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Relations avec les médias
Sylvain Lavoie
Directeur des communications stratégiques et des affaires publiques
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