Petite enfance en milieu minoritaire (2016)

I – Principe de base

Article 1

Les principes de la dualité linguistique devraient être appliqués dès la petite enfance (0 à 8 ans) afin de respecter les droits des communautés linguistiques.

Article 2

Les parents doivent être reconnus comme premiers éducateurs de leurs enfants et, à ce titre, ont la responsabilité de fournir des possibilités d’éducation convenables à leurs enfants pendant les années préscolaires.

Article 3

Le gouvernement a la responsabilité d’offrir à tous les parents, des possibilités d’éducation de qualité en français à leurs enfants, et ce, dès la petite enfance.

Article 4

Le gouvernement a la responsabilité de fournir les infrastructures ainsi que les ressources humaines et matérielles nécessaires à partir d’un système soutenable de services accessibles et de qualité équivalente à celle de la majorité.

Article 5

L’AEFNB réclame une politique nationale sur le développement de la petite enfance et plus particulièrement qui tient compte des particularités de la petite enfance en milieu minoritaire.

Article 6

L’AEFNB appuie le principe de l’école comme centre de services à la petite enfance en milieu minoritaire. Les normes de construction des écoles devraient être modifiées, les ressources humaines et matérielles ajoutées afin de permettre aux écoles de devenir des centres de services à la petite enfance en milieu minoritaire.

 

II – Éducation de la petite enfance

Article 7

L’intégration des enfants de parents ayants droit à l’école de langue française ainsi que la survie et l’épanouissement des communautés francophones en milieu minoritaire nécessite, au niveau de la petite enfance, la dualité linguistique, telle que présente dans le système scolaire actuel au NouveauBrunswick.

Article 8

Les programmes d’éducation de la petite enfance enrichissent l’expérience, le goût d’apprendre et les aptitudes socioaffectives des jeunes enfants, et minimisent les problèmes relatifs à l’apprentissage.

Article 9

Les programmes d’enseignement à la prématernelle et l’enseignement à la maternelle ajoutent aux possibilités d’offrir un milieu d’apprentissage où les besoins d’ordre social, affectif, culturel, physique et intellectuel des enfants sont satisfaits plutôt que de constituer une occasion d’accélérer les progrès scolaires de l’enfant.

Article 10

Le rôle de l’école consiste à favoriser le développement global des jeunes enfants et à collaborer avec d’autres organismes en vue de répondre aux besoins particuliers des enfants, de leurs familles et de leurs communautés.

Article 11

Des programmes d’éducation à la petite enfance de langue française devraient être offerts dès la naissance.

Article 12

Les suivis auprès des enfants et des programmes devraient s’effectuer de façon régulière et par des moyens adéquats.

Article 13

L’effectif d’une classe d’éducation de la petite enfance de langue française dans le cadre d’un programme scolaire ne devrait pas dépasser le double de l’âge de l’enfant.

Article 14

En situation de francisation, l’éducateur ou l’éducatrice devrait avoir une formation initiale et continue et bénéficier de services essentiels d’aide professionnelle francophone.

Article 15

Les éducatrices et éducateurs devraient recevoir une formation en construction identitaire afin d’assumer leur rôle comme passeur culturel.

Article 16

Des services essentiels d’aide professionnelle francophone et des assistantes ou des assistants en éducation devraient être à la disposition des enfants inscrits à des programmes d’éducation à la petite enfance.

Article 17

Un programme efficace d’éducation de la petite enfance de langue française :

a) est financé de manière à assurer des ressources humaines et matérielles adéquates, sans nuire au financement public requis pour permettre de maintenir les écoles et les programmes aux paliers primaire et secondaire;

b) préconise que tous les programmes préscolaires offerts à l’aide de fonds publics se déroulent sous la direction de membres de la profession enseignante;

c) présente un continuum de développement sur les plans sensoriel, affectif, moteur, intellectuel et culturel en relation avec le programme offert à la maternelle;

d) est conçu de manière à tenir compte des différences de développement, des différences culturelles, des styles et des rythmes d’apprentissage et des besoins particuliers individuels;

e) emploie des programmes individualisés qui mettent l’accent sur la pédagogie du jeu, l’autonomie, les habiletés sociales et le renforcement de l’estime de soi dans un milieu d’apprentissage actif;

f) met à la disposition du personnel enseignant et des enfants des services spécialisés pour l’évaluation et les suivis auprès des enfants et s’assure que la transition des services du préscolaire à la maternelle soit harmonieuse, cohérente et continue;

g) propose du perfectionnement spécifique à l’enseignement à la petite enfance;

h) fait appel aux ressources de la communauté;

i) préconise un réseau intégré de services en français.

Article 18

Un service de recrutement, d’accueil et d’accompagnement devrait être mis en place afin de s’assurer que chaque enfant et ses parents soient motivés à intégrer la communauté francophone.